Présentation

  • Accueil - Éditions Berg International
  • : Fondée en 1969, Berg International concentre ses activités autour d'ouvrages de sciences humaines. Depuis quelques années, Berg a également ouvert son catalogue à la littérature, à la bande dessinée et aux livres pour la jeunesse. Berg International éditeurs 129 bd Saint-Michel, 75005 Paris Tél. 01 43 26 72 73 berg.international @wanadoo.fr

Régis Meyran
Le mythe de
l’identité nationale




Qu’est-ce qu’un « Français » ? Au-delà de cette notion existe une croyance, très largement répandue et mythique de l’idendité nationale. Le « vrai » Français, « de souche », serait un « Gaulois » de race blanche dont les traditions, ancrées dans un « terroir », se perdraient dans la nuit des temps.
C’est dans le domaine de l’anthropologie, ou dans ses marges, entre 1870 et 1945, que se sont élaborées les théories les plus sophistiquées de l’identité nationale. D’un côté, l’anthropologie physique, cherchant à mesurer et à classer les hommes, n’a pas su éviter de se poser la question de la « pureté » de la « race française ». De l’autre, les études de folklore, visant à recueillir les survivances de traditions paysannes ou artisanales en déclin, ont exclu de fait celles de bon nombre de Français qui n’étaient pas « de souche ». Une conception figée de l’identité nationale atteignit son paroxysme avec l’Occupation et le Régime de Vichy, mais on la trouve aussi jusque chez les anthropologues antiracistes de l’entre-deux-guerres et les folkloristes du Front populaire.
L’auteur retrace la genèse du récit mythique qui a imprégné la communauté scientifique française. Par un curieux effet d’inertie, ce mythe, aujourd’hui abandonné par les anthropologues, est toujours présent dans le sens commun et dans la sphère médiatico-politique. Ce livre s’adresse donc, au-delà du cercle des spécialistes de l’histoire des sciences sociales, à tous ceux qui s’intéressent aux débats actuels sur les questions "d’identité nationale".
 
Régis Meyran est docteur de l’Ehess, et chercheur affilié au Laboratoire d’anthropologie et d’histoire de l’institution de la culture (Lahic/Iiac). Il est l’auteur de nombreux travaux traitant de l’histoire de l’anthropologie et des sciences humaines,dans des revues scientifiques (L’Homme, Gradhiva), mais aussi dans des magazines de vulgarisation (Sciences Humaines, Pour la Science).
Il a coordonné : « Usages publics de l’Histoire en France », numéro de la revue Matériaux pour l’histoire de notre temps, n°85, 2007 ; et (avec Denis-Michel Boëll et Jacqueline Christophe), Du Folklore à l’ethnologie, 1936-1945, Paris, Éditions de la MSH, 2008.

194  pages - 15x24 cm

prix public ttc : 19 €
ISBN : 978-2-917191-19-4


Résister à la servitude
Georges Zimra


198 p. au format 15x24 cm 19 €


  Cet ouvrage s'organise autour de trois modes de mondialisation. Le premier intervient lorsque Galilée et Copernic réalisent que la terre n'est pas le centre de l'univers et que Christophe Colomb découvre avec le Nouveau Monde l'altérité insoupçonnée des indiens qui furent asservis et exterminés. C'est au même moment que Machiavel enseigne au Prince l'art de dominer et de soumettre le peuple et que Luther se sépare de Rome parce qu'il s'insurge contre une utilisation de la foi qui asservit les hommes. C'est alors que résonne la question toujours brûlante depuis La Boétie : "Pourquoi les hommes libres deviennent-ils esclaves ? Pourquoi le plus grand nombre est-il soumis au petit nombre ? Pourquoi le pouvoir de l'Un est-il plus grand que ceux des uns ?".

La deuxième mondialisation est celle qui déclare l'universalité de l'homme et de ses droits le proclamant libre. Les anti-Lumière rejettent alors la vision universelle de l'homme pour célébrer la servitude, l'abnégation et la soumission de l'homme déterminé par sa naissance, esclave de sa tradition, de son peuple, de sa terre. L'homme des foules n'est pas celui des masses. Ce dernier n'attend rien de personne et personne n'attend rien de lui. Il est le terreau sur lequel vont pousser les totalitarismes pour faire de lui un homme de trop comme l'écrit Claude Lefort, superflu pour Hannah Arendt qui voit dans l'expériience concentrationnaire une rupture anthropologique.

La troisième mondialisation est celle du capitalisme qui a décloisonné les frontières et les cultures pour faire du monde un vaste marché inaugurant une servitude inédite, ni volontaire ni contrainte mais désirée, espérée, attendue. "On reste, écrit Michel Rocard, trop révérencieux à l'égard de l'industrie de la finance et de l'industrie intellectuelle de la science financière. Des professeurs de maths enseignent à leurs étudiants comment faire des coups boursiers. Ce qu'ils font relève, sans qu'ils le sachent,  du crime contre l'humanité."  Un nouveau mal totalitaire guette l'homme, celui de ne voir son avenir que dans ce qui est pesé, mesuré, évalué, calibré, répertorié, réduit à des pratiques homogénéisantes, livré à des machines cognitives, moléculaires, économiques qui prétendent le définir et le déterminer.

La servitude, c'est aussi l'oubli du monde, l'oubli de soi, c'est n'être jamais allé  plus loin que soi, être resté le même, l'identique, l'inaltéré face  à la seule  question qui vaille : qu'est-ce qu'un monde?

 

 

L'auteur : Georges Zimra est psychiatre, psychanalyste il exerce à Paris. Il a notamment publié La Passion d'être deux, Érès, 1998 ; Freud, les Juifs, les Allemands, Érès 2002 ; Penser l'hétérogène, L'Harmattan, 2007 ; Le Sacré, cet obscur objet de désir, (collectif), Albin Michel, 2009.

Richard Laub - Olivier Boruchowitch
préfacé par Élie Barnavi



256 pages au format 16x24 cm
nombreuses illustrations (cartes, plans, graphiques) imprimées en couleurs
prix public ttc (France) : 19 €
ISBN : 978-2-917191-22-4

Champion de la lutte anticoloniale du temps du Mandat britannique,  Israël est pourtant assimilé aujourd'hui par l'opinion publique à une puissance coloniale suspectée d'infliger aux Palestiniens les mêmes souffrances que celles que le peuple juif a subies durant la Shoah. Comment en est-on arrivé à une telle aberration?

Il faut y voir l'aboutissement d'un processus de déni dont les étapes sont connues : la guerre du Kippour, qui chasse Israël d'Afrique, la fameuse résolution de l'ONU en 1975 assimilant le sionisme à "une forme de discrimination raciale", la première guerre du Liban en 1982, la première Intifada cinq ans plus tard… Certes, pour déplaisante qu'elle soit, la "réprobation d'Israël" n'aurait pas,  en elle-même, de quoi menacer son existence, sauf qu'elle ne constitute pas, loin s'en faut, l'unique sujet d'inquiétude. Israël, entité fragile au territoire exigu, est implanté dans une région instable, habitée par des États sur-armés et parcourue par les vents mauvais de l'intégrisme religieux. Les alliances dont dispose Israël sont lointaines et peu assurées tandis que le pays est agité   de courants idéologiques et "ethniques" concurrents qui mettent à mal sa cohésion et, partant, sa capacité de résistance.

Voilà donc un faisceau de facteurs qui hypothèquent son avenir. Alors, la disparition d'Israël est-elle encore évitable? Ce livre tente de répondre à la question. Ce qui en fait le prix, c'est qu'il se présente  comme  la première étude scientifique, solidement documentée, d'une géopolitique que ses auteurs jugent au total peu propice à la survie de l'État hébreu. Examinant ce qu'il convient d'appeler la "question israélienne", trop souvent occultée par l'actualité de la "question palestinienne", tout autant importante mais beaucoup plus fréquemment traitée, ils tentent de poser un regard objectif sur les tendances lourdes à l'œuvre dans le monde, dans la région et au sein même de la société israélienne.

Tout ce  qu'on pressentait sur les dures réalités de  la géopolitique d'Israël est ici documenté, mesuré, chiffré, contextualisé. Les Israéliens n'auraient-ils pas intérêt, au moins autant que les Palestiniens, à conclure une paix durable et à normaliser  leurs relations avec  l'ensemble  de leurs voisins? La haine, les humiliations,  les revers diplomatiques accumulés depuis tant d'années laissent-ils encore entrevoir une issue pacifique? Libre à chaque lecteur d'apprécier  les faits comme  il l'entend ;  mais la liberté de jugement n'a de sens que si l'on sait de quoi on parle.


Les auteurs :  Richard Laub est diplômé de  l'Université Libre de  Bruxelles et de Carnegie Mellon (USA), Olivier Boruchowitch a été durant 10 ans le rédacteur en  chef du news magazine Regards centré sur le Proche-Orient et le dialogue israélio-palestinien. Philosophe et journaliste, il est le co-auteur de plusieurs ouvrages parus aux éditions Luc Pire et de publications pédagogiques dont Tolérance, des  mots pour le dire - la démocratie citoyenne à l'épreuve du national-populisme.

 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés